Rien n'est à eux...tout est à nous !

Publié le par CGT PHILIPS EGP DREUX

Donc, si nous comprenons bien, faut les subventionner grassement pour qu'ils condescendent à créer quelques emplois très très temporaires, et en plus, il faut les héberger gratos...y a bien un moment où il faudra en tirer les conclusions: on paye les salariés, on paye les licenciés, on paye les locaux...rien n'est à eux...tout est à nous ! pas vrai ?


Article république du centre.Publié le 20 août 2009

Tout faire pour que l'entreprise ignore la crise du logement


La pépinière d'entreprises (ici le module tertiaire inauguré en janvier à Dreux) a fait ses preuves dans le Drouais. Les communautés de communes sont invitées à se regrouper pour imiter ce modèle. (Photo V. B.)
Un séminaire consacré à l'immobilier d'entreprise a été organisé par le Codel. L'objectif est d'inciter les collectivités à toujours être en mesure d'accueillir des activités qui, sans réponse, quitteraient le territoire.
Jacques Lemare, vice-président du conseil général et président du Codel (Comité de développement économique d'Eure-et-Loir) n'en démord pas : pour assurer leur prospérité, les collectivités doivent savoir répondre aux exigences des entreprises. Et ça commence dès la naissance de l'activité.

C'est ce qu'il a expliqué fin juin aux vingt-sept élus et représentants de communautés de communes venus participer au séminaire organisé à Fontaine-la-Guyon par le Codel, portant sur le thème de l'immobilier d'entreprise.

« Est-ce aux collectivités de le financer ? »
Le sujet prête à débat. « Est-ce aux collectivités de le financer ? », interrogeait Jean-Louis Baudron, président de la communauté de communes de Janville. « C'est au privé, bien sûr... mais aux collectivités à chaque fois que le privé faillit à sa mission », a répondu sans hésiter Jacques Lemare.

Car le privé, constate Cécile Collot, consultante dans un cabinet spécialisé des Yvelines, attend un retour sur investissement plutôt rapide : deux ans maximum. L'entrepreneur a souvent besoin de davantage de temps. Mais s'il n'a aucune proposition d'implantation dans un bref délai, il s'en va. « Et la concurrence entre territoires est très sévère » rappelle Fabien Riolet, directeur adjoint du Codel.

Aider les entreprises à s'installer sur place, d'accord. Mais comment ? Pour le Codel, le préalable indispensable est la pépinière d'entreprises. Un système réglementé (la société ne peut pas y rester plus de vingt-trois mois) qui, comme son nom l'indique, est un nid où on aide une activité à croître en l'accompagnant. Et ça marche. « 80 à 90 % des entreprises passées par une pépinière d'entreprises poursuivent leur activité après 5 ans d'existence, elles ne sont qu'une sur deux lorsqu'elles se sont développées sans accompagnement », indique Cécile Collot.

Limiter les risques
L'investissement n'est pas sans risque pour une collectivité. Que faire des locaux, lorsque l'entreprise en voie de développement les quitte ? Il faut anticiper ce départ, insistent Jacques Lemare et Fabien Riollet. Et déjà penser à en accueillir une autre. Il faut donc pour cela que les locaux soient réutilisables. C'est pourquoi le Codel conseille de bâtir des constructions modulaires, de 500 à 1.000 m2.

Le coût d'un tel projet, réalisable au niveau d'une communauté d'agglomération (celle de Dreux possède une pépinière d'entreprises depuis plus de 25 ans) n'est pas à la portée de la première communauté de communes venue, les responsables du Codel en sont bien conscients. C'est pourquoi ils conseillent à ces collectivités de se regrouper. Et même de le faire sous une forme juridique, la Sem (Société d'économie mixte), leur accordant plus de souplesse dans leur décision. Et surtout plus de réactivité.

Car, rappelait Jacques Lemare, il faut parfois agir vite si l'on ne veut pas passer à côté d'une opportunité. La Sem Patrimoniale 28, créée par le conseil général, n'a pas perdu de temps pour accompagner deux projets importants l'an dernier : l'installation du site de constructions modulaires de Touax à Mignières sur une zone de 12.000 m2 (qui a permis la création d'environ 250 emplois) et de la plateforme d'appels téléphoniques Phone marketing sur 3.000 m2 dans les anciens locaux de Philips EGP. Cette société prévoit l'embauche de quatre cents personnes d'ici à trois ans.
Philippe Abline

Publié dans Eure et loir

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