Quel syndicalisme au service des travailleurs ?

Publié le par CGT PHILIPS EGP DREUX

ci-dessous, l’éditorial de la revue « Le Rassembleur » éditée par les militants de l’association « Continuer la CGT » en ce mois de septembre 2009.
A quelques semaines du congrès confédéral de la première organisation syndicale de travailleurs dans notre pays, il ne fait pas de doute que ce texte nourrira le débat parmi les militants et peut-être au-delà.

 

Sans aucun doute, en cet été 2009, les travailleurs ont fait montre d’une réelle combativité.

Dans ces luttes, les travailleurs constatent que, face à l’offensive globale des patrons, du gouvernement, il n’y pas de riposte globale des travailleurs et des syndicats contre les licenciements. S’il y a des luttes de classe, il n’y a pas encore (tant s’en faut) de mouvement uni de l’ensemble de la classe ouvrière portant les revendications fondamentales des travailleurs.

Aux yeux des travailleurs (syndiqués et non syndiqués) grandit le discrédit des directions syndicales : ils voient des syndicats qui « encadrent » mais qui ne mobilisent pas suffisamment, qui ne fédèrent pas les luttes ; des syndicats dont les membres dirigeants (de plus en plus médiatisés et félicités par les patrons et le gouvernement) et des permanents experts se dépensent sans compter dans la cogestion et le partenariat avec le patronat et le gouvernement, marchandant de menus avantages et acceptant, au final, des contre-réformes d’ampleur contre les travailleurs, parfois en accompagnant leur commerce de classe, et pour le masquer, de gesticulations rhétoriques, de protestations « d’honneur » et de manifestations perlées à caractère exutoire.

Cette stratégie entraîne la dépolitisation du mouvement syndical et la désyndicalisation des travailleurs.

A l’approche de son 49ème congrès, les choix stratégiques de la direction CGT sont de plus en plus clairs : le syndicat est un partenaire social, institutionnel, intégré dans le pilotage de la gestion capitaliste ; ce n’est plus un outil de lutte au service de la classe exploitée pour changer la société.

Le renaissance du syndicalisme passera par cette identité de masse et de classe de tous les exploités : salariés et privés d’emploi, travailleurs à statut et travailleurs précaires, jeunes et retraités, français et immigrés, avec et sans papiers, …, tous ces frères d’exploitation doivent devenir des frères de lutte contre le capitalisme !

Les travailleurs ont besoin d’un syndicalisme qui leur permette de vérifier qu’il leur est utile de se syndiquer, que le syndicat est un moyen de remporter des victoires concrètes et immédiates, que l’unité syndicale apporte un plus dans leur force et leurs victoires et non des consensus et des rencontres au sommet qui ne changent rien à la leur vie quotidienne !   

Les grèves et expériences de lutte, comme on peut le constater chez les sans papiers, transforment et améliorent le rapport des travailleurs à l’action syndicale : dépassement de la peur, confiance en l’action collective pour défendre des droits et la dignité, éveil de la conscience ouvrière, et, au total, appropriation du syndicat comme arme de lutte et structure de solidarité au service des travailleurs.

La grève est une arme efficace pour défendre les droits et pour en conquérir de nouveaux. Ce n’est pas sans raison que le patronat et le gouvernement tentent de l’encadrer, avec le rêve de la rendre impraticable, voire illégale (préavis, service minimum, pressions des médias et interdictions de la justice, …).

Les grèves et expériences de lutte sont des pratiques de syndicalisme de classe qui propagent l’identité de classe et favorisent la syndicalisation de masse des travailleurs.

Le syndicalisme doit devenir l’affaire des travailleurs : dans les luttes, dans les congrès, il faut en débattre pour construire ensemble le syndicalisme dont on a besoin !

Source: EL DIABLO

 

Publié dans syndicalisme

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article