LA SERIE NOIRE ORCHESTREE PAR LE CAPITALISME CONTINUE A FRANCE-TELECOM

Publié le par CGT PHILIPS EGP DREUX

FRANCE TELECOM

NOUVELOBS.COM | 15.09.2009 | 08:59

Une salariée travaillant dans une agence du service client à Metz, en Lorraine, a été retrouvée inanimée lundi sur son lieu de travail après avoir absorbé des barbituriques pendant la pause déjeuner.

Manifestation de salariés de France Télécom à Marseille le 10 septembre (AFP)
F
rance Télécom redoute un effet de contagion au sein du groupe confronté à une vague de suicides de ses salariés alors qu'une nouvelle tentative a été enregistrée lundi 14 septembre dans l'est de la France.
Un cadre travaillant dans une agence du service client à Metz, en Lorraine, a été retrouvé inanimé sur son lieu de travail après avoir absorbé des barbituriques pendant la pause déjeuner, a-t-on appris de source syndicale.
Après cette nouvelle tentative de suicide, qui fait suite à un précédent événement similaire mercredi dernier à Troyes (Aube), la direction du groupe a pris des mesures d'urgence.
"Malheureusement, il est en train d'arriver ce que nous redoutions le plus, un effet de contagion. Notre priorité absolue est de tout faire pour arrêter cette spirale infernale", a déclaré une de ses porte-parole à Reuters.
Vingt-trois personnes se sont suicidées dans l'entreprise depuis début 2008 selon les syndicats, qui en appellent à l'Etat, actionnaire principal de leur groupe qui emploie 100.000 personnes.

Courrier aux médecins

La direction de France Télécom a souligné avoir envoyé dès le week-end dernier un courrier aux 70 médecins du travail concernés pour leur demander de l'alerter sur les cas à risque.
Parallèlement, le PDG de France Télécom, Didier Lombard, a tenu lundi "une conférence téléphonique avec les 500 top managers" du groupe en France pour leur demander de dialoguer avec les personnels sur ces événements.
Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, a déclaré sur RTL que l'Etat et la direction de France Télécom avaient le "devoir" d'apporter une aide morale et psychologique aux salariés.
Reçu avec les autres dirigeants syndicaux français par Nicolas Sarkozy qui les a consultés avant le sommet du G20, le président de la CFTC, Jacques Voisin, a déclaré que la question des suicides avait été abordée lors de la réunion et que "le président de la République a été assez dur sur le comportement de France Télécom."

Mutations gelées

Le ministre du Travail et des Relations sociales, Xavier Darcos, recevra à ce sujet Didier Lombard mardi à 11h, ont annoncé ses services.
Pour sa part, le Parti socialiste demande au gouvernement "de peser sur la gestion de l'entreprise et d'exiger la révision des modes d'organisation du travail". "L'Etat, en tant qu'actionnaire de l'entreprise, doit s'opposer à la logique de rentabilité financière, qui a remplacé celle d'efficacité du service rendu", écrit-il dans un communiqué.
La direction avait annoncé jeudi dernier une série de mesures face à un phénomène que les syndicats imputent à des méthodes de gestion jugées coercitives.
Les mutations forcées de salariés sont gelées jusqu'au 31 octobre et des négociations seront ouvertes le 18 septembre sur la mise en oeuvre d'un accord national interprofessionnel concernant le stress au travail, avec l'aide d'un psychiatre.
Un audit sur les cas de suicide sera mené par un cabinet spécialisé à choisir parmi trois proposés par la direction de France Télécom, ancien service public d'Etat devenu société anonyme en 1996, où les capitaux privés sont majoritaires depuis 2004.

"Un malaise global"

"Il faut qu'on avance au plus vite avec l'ouverture de négociations. Nous demandons à l'Etat un recours sur cette situation. Il faut bloquer toute restructuration dans l'entreprise", a dit Laurent Riche, délégué CFDT à Reuters.
"Nous ne faisons pas toujours un lien direct (entre les suicides et le management - ndlr), il faut être très prudent mais il y a un malaise global et il faut enrayer le phénomène", a-t-il ajouté.
Dans un communiqué, Force ouvrière et la CFTC estiment qu'il est "du devoir des pouvoirs publics d'imposer, à titre conservatoire, l'arrêt des restructurations qui déstabilisent le personnel".
Les deux syndicats réclament en outre la création d'une commission d'enquête parlementaire sur le sujet, estimant que "la crise à France Télécom est maintenant un problème national".

(Nouvelobs.com avec Reuters)
Par/Jacques Tourtaux

Publié dans Service public

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article