Crépy-en-Valois : réunion de la dernière chance pour les Sodimatex

Publié le par CGT PHILIPS EGP DREUX

Une réunion cruciale a débuté vendredi, en milieu de journée, à la mairie de Crépy-en-Valois, où des salariés de l'équipementier Sodimatex menacent de faire sauter leur usine, promise à la fermeture. Cette table ronde, sous l'égide du préfet de l'Oise, réunit notamment les représentants des salariés et de la direction du groupe Trèves, propriétaire de Sodimatex.
«J'ai peur pour eux, j'ai peur aussi pour notre ville», a déclaré le maire de la ville Arnaud Foubert, espérant «qu'il n'y ait pas d'acte désespéré qui soit engagé». De son côté, le ministre de l'Industrie a condamné «l'attitude inacceptable d'une minorité», appelant l'ensemble des parties à une autre réunion de conciliation mardi prochain.

La tension est montée d'un cran

Dans la matinée, la tension était brutalement montée, vers 10 heures, vendredi, sur le site de l'usine de moquettes pour automobiles, lorsque les salariés qui occupent les lieux depuis jeudi soir ont appris le report en soirée de cette réunion tant espérée. Finalement, alors que les esprits commençaient à s'échauffer, (des cocktails molotov étaient disposés aux abords de la citerne) la tenue de cette réunion a été confirmée pour 12 h 30.

Depuis jeudi, une quarantaine de salariés se sont retranchés dans l'enceinte de l'usine et menacent de faire sauter une citerne de gaz pour réclamer un meilleur plan social après la fermeture programmée de leur entreprise. En tout début de journée vendredi, ils ont même installé une petite bonbonne de gaz agrémentée d'un dispositif incendiaire, sur le toit du bâtiment, à l'aplomb de la grosse citerne de gaz, elle-même entourée de palettes prêtes à être enflammées. Au plus fort de la tension, ils ont même incendié une benne à ordures très proche des locaux, menacant de déclencher à distance l'explosion de la citerne et déployant des draps et des rouleaux de moquette pour empêcher les forces de l'ordre d'observer leurs mouvements. Les pompiers, protégés par les gardes mobiles, sont intervenus pour circonscrire l'incendie.

Vidéo. Le désespoir des salariés


 

«On n'est pas des voyous»

Jeudi soir, les Sodimatex avaient installé des palettes autour de la citerne de gaz extérieure qui sert à alimenter leurs charriots élévateurs, prêts à y mettre le feu. En désespoir de cause, cette citerne est devenue leur dernier moyen de pression pour obtenir un plan social digne de ce nom. «On n'est pas des voyous, on est des êtres humains. Fatigués, dépités, déprimés mais toujours motivés», lançait François Heindryckx, 42 ans, dont 21 chez Sodimatex. Avec ses collègues, il repassait le film de cette journée de jeudi qui devait être «une petite grève symbolique» et s'est terminée en camp retranché.

Mardi, «on nous a envoyé un conciliateur qui a proposé une prime de 15 000 euros», expliquait son collègue Fabrice Bel, 32 ans dont 10 ans de maison. Pour les ouvriers de Crépy, pas question de partir avec moins que leurs collègues d'une autre usine Sodimatex, liquidée en 2006, qui avaient obtenu 21 000 euros en plus des indemnités légales.

«Ils ont envoyé les gendarmes mobiles»

«Ce qui a déclenché tout le bordel, c'est quand ils ont envoyé les gendarmes mobiles», lancait Fabrice Bel. A la mi-journée, jeudi, les salariés ont occupé le rond-point devant l'établissement, mais quand les gendarmes mobiles sont arrivés pour les dégager, ils se sont enfermés dans l'usine, barricadant l'entrée. «Je pensais jamais en arriver à ce point-là», lâchait Jean-François Nicol, qui comptait sur la relance du secteur équipementier pour élever bon an mal an ses trois enfants, dont le plus âgé a 11 ans. 

Les Sodimatex ont reçu, jeudi soir, le soutien de Xavier Mathieu, leader charismatique des Continental. Un peu plus tôt dans la soirée, la mairie de Crépy-en-Valois les avait ravitaillés pour la nuit. La fermeture de l'usine, qui emploie 92 salariés, a été annoncée le 10 avril 2009. Depuis, les négociations sur le plan social entre la direction et les salariés ont échoué.

Publié dans Boites en luttes

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M

Merci aux camarades de vos soutiens pour les boites en lutte, mais il est évident malheureusement que nous allons avoir besoin de toutes nos forces, pour faire face au système capitalisme qui broie
les travailleurs et leurs familles.
La CGT Philips Dreux a toujours été solidaire avec les camarades en lutte, nous nous sommes déplacé à Dunkerque (Total) Blanquefort (Ford) Amiens( Goodyear Dunlop) Compiègne ( Conti) Toulouse
(Freescale), nous avons aussi été aux côtés des News Fabris des Molex Téléperformence, Ikea, ECT ECT , le 7 avril nous serons à Compiègne avec les Conti. Pas de problème nous irons soutenir les
SODIMATEX.
Mais, nous la CGT Philips Dreux continuons la lutte dans notre boite contre la politique de casse industrielle orchestré par le groupe Philips.


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R

Quelques précisions sur le groupe Treve qui emploi les salariés de la SODIMATEX de Crépy-en-valois...C'est un extrait d'une lettre ouverte des députés et maires de l'oise qui interpellent
Estrosi...très révélateur du cynisme patronal.

SODIMATEX (groupe Trèves) a bénéficié, fin 2008, du soutien financier de l'Etat à travers 55 millions d'euros d'aides publiques (Fonds de Modernisation des Equipements Automobiles), afin de
sauvegarder l'emploi et l'activité.

Or, force est de constater que les 92 emplois de ce site sont aujourd'hui menacés, l'entreprise ayant annoncé la fermeture du site, et ce malgré la suspension du plan social par le TGI de Senlis et
la Cour d'appel d'Amiens.

Le cas est unique en France et mérite toute notre attention, tant la situation des employés est scandaleuse : l'entreprise préférant avoir recours à des sous-traitants plutôt qu'à ses propres
salariés, et faisant tourner à perte l'entreprise (frais de structure et de personnel) pour près de 1 million d'euro par mois !

"on parle souvent de la violence d'un fleuve, jamais de celle des rives qui l'enserrent" écrivait Brecht. Voici la réalité, voici la bonne façon de comprendre la violence des ouvriers de la
SODIMATEX

plus d'infos sur la déclaration des élus http://www.indicerh.net/veille-sociale/?q=node/941

Est-ce que les ouvriers de Philips Dreux pensent aussi à aller les voir (comme Xavier MAthieu) ? Il serait temps qu'une riposte générale s'organise...
bon courage


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P

Bonsoir,
Je suis totalement solidaire avec la lutte des « Sodimatex »
Je suis un ancien d'Alsthom le bourget. Usine fermée, alors que nous étions techniquement reconnue. Comme les Sodimatex le sont actuellement.
Car rappelez vous le premier ministre de l'époque voulait vendre Alsthom pour 1 franc symbolique, n'est ce pas Monsieur Juppé... et depuis... joyeux imbécile…!
Alsthom existe encore...
Les Sodimatex sont crucifiés sur l’autel de la finance !
Nos élus « DES COUILLES MOLLES » !!! ils préfèrent cumuler les mandats « appât du gain, ne cherchons pas trop loin autour de nous » !!!
Le groupe Trève a perçu + de 50 millions d’€uros de la Nation !! Ce n’est pas rien !
Les Sodimatex réclament du groupe Trève 2 millions d’€uros
Nous nous devons exiger que le groupe Trève restitue le relicat.
Alors ou est passé le fric ????
Mais le fric avant tout ! et les imbéciles qui ne comprennent pas, qui méprisent et salissent le désespoir des désespérés de Sodimatex !
Soyez rassurer votre tour arrive !!!
Vous devez savoir, que lorsque l’on est confronté à être licencié et que l’on est responsable de famille, vous avez des angoisses pour l’avenir de vos proches!
Imaginez vous, vous êtes au bord de l’abîme, j’ai vécu cette souffrance… comment allez vous faire dans la dignité ! cest encore présent !
Certaines petites gouapes, les serviles ou hommes liges du groupe Trève ou autres grands groupes, les petits parvenues « suce boule » du capital qui se vendent et se prostitues pour intérêt de
paillette, y comprit contre leur intérêts futurs.
Certains ont l’espoir d’avoir des responsabilités politiques sont les marionnettes du monde de la finance
Ce sont des couilles molles!!!! ils préservent, uniquement, leur privilèges.
Ils s’augmentent, eux de pourcentage « INDECENTS » !!!
Nous en avons l’exemple, notre Président de la "jet set" j'ai HONTE POUR MON PAYS PAUVRE FRANCE, Notre pays est devenue une république Bananière


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P

tout mon soutien à la lutte en cours. Leïla PETIT-ALI,professeur des écoles, au NPA 41 ^par ailleurs.


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