Fraternisation de tous les sans-papiers !

Publié le par CGT PHILIPS EGP DREUX

Alors que le mouvement général gréviste piétine dans ce qu'on appeler une impasse après la publication de la circulaire Besson, un appel aux délégués du 49ème Congrès qu'il faut faire connaître !

















La direction confédérale termine le grand combat orchestré pour s¹achever au 49ème congrès de la CGT.

Dans une quinzaine de jours, des délégations réjouies (et sélectionnées) de sans-papiers régularisés dans le cadre de la loi instituant l'immigration choisie, viendront à Nantes témoigner du triomphe d¹une stratégie pourtant aisément critiquable.

Le combat syndical, avouons-le, a connu de meilleurs mises en scène pour n¹obtenir que le simple perfectionnement d¹une loi scélérate...
 
La 13ème résolution de notre 48ème congrès (mars 2006) affirmait que la CGT était pour la régularisation de tous les sans-papiers. Cette résolution n¹a cessé d¹être violentée et détournée à des fins opportunistes. Sinistre exploitation que celle de la misère des centaines de milliers d¹en dehors, citoyens irréguliers en France.

Le montage théatral réalisé par quelques personnages douteux à la direction confédérale aura permis :
 - de contribuer à une régularisation massive des patrons voyous,
 - la fourniture d¹un personnel dévoué et gratuit : des militants transformés en supplétifs de la préfecture, sélectionnant en ses lieux et place les dossiers acceptables !
 - en surmédiatisant ce bricolage de lutte, de dissimuler tous les combats sociaux qui n¹ont pas été favorisés par la direction confédérale ;
 - en contradiction avec nos principes, les sans papiers grévistes n'auront jamais été les acteurs de leur propre lutte. Ils ont été très lourdement encadrés par un appareil qui a empêché toute velléité d'autonomie. Jusqu'à voir certains délégués sans-papiers "mis à pied" parce que trop critiques !...

En deux ans : que de mensonges de la part de l¹appareil confédéral et notamment de Mme Blanche et de Mr Chauveau !

On a parlé d¹une première vague de grévistes en 2008, puis d¹une deuxième et d'une troisième qui n'aura jamais lieu. En vérité, la deuxième vague aura été donnée par la Préfecture qui expliquera dans un communiqué de presse qu'il s'agissait en fait de dossiers de substitutions accordés en remplacement de dossiers irrecevables.
Montreuil et ses relais parisiens arrêteront le mouvement sans qu'on s'en rende compte, en affichant un score relativement médiocre : 2000 régularisations, pour une population sans papiers de 200 à 400 000. Il est d'ailleurs intéressant de noter que, dans la même période, des petits patrons, en dehors des grands circuits de syndicats patronaux, ont réussi eux aussi à faire régulariser des sans papiers (environ 2500).

On apprendra, début décembre 2008, que le ministère de l¹immigration avait accepté d'envoyer une circulaire de  régularisation dans toutes les préfectures. Circulaire au demeurant très peu favorable aux sans papiers, puisqu'elle imposait des conditions quasiment inaccessibles pour la majorité des étrangers en situation irrégulière.
On cherchera vainement pendant un an le texte de ladite circulaire, que toutes les préfectures interrogées nient avoir reçu et dont on constate bien au fil de l¹année qu'elle n'est pas appliquée, et pour cause !
 
En effet, au moment du lancement du second mouvement soit un an après, on apprendra comme d¹aucuns le supposaient et le dénonçaient, que cette circulaire n¹a jamais existé en que c'était un mensonge grossier de la CGT destiné à faire taire ceux qui, à la rentrée 2008, voulaient continuer, voire étendre la lutte.

Sans aucune logique on nous parlera ensuite d¹un "second acte" sans véritable lever de rideau. Constitué par les déboutés de la première vague, récupérant un bon tiers des occupants de Baudelique, ce deuxième acte fait dans le spectaculaire mais perd rapidement de son énergie et reste strictement cantonné à Paris, petite couronne.
Pas de dépôt de dossiers, la mise en place d¹une carte de gréviste, et bien sûr la menace bidon d'une généralisation à toute la France... En fait : il leur faut tenir jusqu'au congrès de Nantes, le 7 décembre.

De même que pour la première vague, ce nouvel épisode se construit sur un préalable avec le nouveau ministre de l¹immigration : mille à 1500 dossiers acceptés en échange d¹une amélioration de la régularisation dans le cadre de l¹immigration choisie. Côté respect absolu de la "légalité", on n¹aura jamais fait aussi fort de la part de prétendus soutiens aux sans-papiers !

Avortée l'an passé par une indiscrétion dont s'était fait écho un blog oppositionnel ("Où va la cgt ?"), la direction confédérale tente à nouveau son "offensive" spectaculaire agrégeant quelques signataires croupions (plus l'UNSA et la CFDT habituellement invisibles dans le soutien aux sans papiers). C'est la fameuse lettre à Mr Fillon demandant l'harmonisation des pratiques préfectorales sur le territoire national !
On ne met surtout plus en cause la loi Sarkozy/Heurtefeux.
 
Pendant qu¹en Ile de France, le mouvement d¹occupation de sites s¹essouffle à force d¹expulsions policières, la confédération continue à ne pas chercher la généralisation du conflit. On demande aux seuls travailleurs sans-papiers parisiens de se battre pour les travailleurs sans-papiers de toute la France : un comble !

Par ailleurs, la Coordination des Sans Papiers ne comprend pas que ce mouvement est largement nourri par ses adhérents et s'enferme dans l¹occupation symbolique d'un "ministère de la régularisation de tous les sans papiers" qui, à l'instar du "ministère de la crise du logement", finira par une évacuation. Elle avait pourtant vocation à permettre la généralisation du conflit !

Avec encore quelques capacités à mobiliser, l'Ucij surenchérit sur les manifestations organisées par la CSP 75 (où l'on a noté la très faible présence de soutiens) et rameute ses troupes ce 29 novembre. Elle met en tête de manif les travailleurs encadrés par la CGT et refoule la CSP bien loin derrière, provoquant le désengagement annoncé de celle-ci. L'Ucij oeuvre clairement en soutien à la lettre adressée à Mr Fillon.

- Conclusions provisoires -
 
Ainsi, en deux ans de "lutte", la CGT a fait un grand pas en arrière :

1 - en diminuant l¹ampleur de la revendication, elle est passée de la régularisation de tous les sans-papiers à celle des seuls travailleurs sans-papiers dans le cadre des métiers sous tension.
Il est amusant de constater que la "circulaire Besson" est quasiment similaire à celle dont la CGT s'est prévalue pendant plus d'un an, comme dit plus haut.
Cinq ans de présence, 1 an de fiche de paie, un contrat de travail : c¹est un véritable échec qui ne donnera des papiers qu'à à peine 1500 des 6000 grévistes annoncés ! Ce qui est proprement scandaleux c'est d'avoir marché dans ce marché de dupes.

2 - en cassant la capacité de lutte autonome des sans-papiers dont le mouvement est pour un temps devenu un vivier instrumentalisable à ses seules fins.

La CGT a fait un grand bond en arrière dans le soutien aux sans papiers.
De même, malheureusement, que dans tout un grand tas de domaines : remise en cause du rôle des Unions locales, des syndicats, du fédéralisme, du rapport de force...

Il est grand temps que les sans papiers organisent leur grève générale, maintenant et pas dans un trimestre !
Que les sans papiers, dans toute leur diversité, se mobilisent et montent avec leurs propres revendications, avec le dossier de leurs souffrances et de leur peurs, avec leurs espoirs de vivre avec nous, ici !
Qu'ils montent vers les préfectures pour demander, par dizaines de milliers, le décret de régularisation massive et non les quelques dossiers que Besson offrira à la direction confédérale de la CGT !
Qu¹ils sachent que nous serons à leurs côtés, comme nous l'avons toujours été...

C¹est le message que nous porterons aux délégués du 49ème congrès de la CGT et que nous lançons vers tous les sans papiers.

Jacques Gurfinkiel Secrétaire Général du Syndicat CGT de l¹OPH de Paris
Blog Où va la CGT 
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