Le temps d'un tournage, les « Total et Xavier mathieu» ont relégué leurs soucis au second plan

Publié le par CGT PHILIPS EGP DREUX

Dans Ma Part du gâteau, Cédric Klapisch veut présenter « le rapport entre l'actualité (licenciement, délocalisation...) et ce que ça devient dans la vie des gens : on en parle tellement qu'on ne voit plus que c'est scandaleux ».

Dans ce film qui met en scène Karin Viard (une Dunkerquoise licenciée qui devient employée d'un trader à Paris) et Gilles Lellouche (le trader), Cédric Klapisch continue de traquer la sincérité. Ce qui explique que samedi, à Dunkerque, délégués syndicaux, grévistes et journalistes étaient, comme le seront les traders londoniens dans quelques semaines, plus vrais que nature !

"Ma part du gâteau" à Dunkerque sur Culturebox !
« Sifranor, on n'est pas mort ! » Le temps du tournage d'une scène de « Ma part du gâteau », réalisé par Cédric Klapisch, Rubis Terminal s'est transformé, samedi, en une usine occupée. Avec dans le rôle des grévistes, soixante-dix salariés de Total Flandres, «  heureux de ne pas être pris pour des moins que rien ».
Samedi, môle 5, devant l'entrée de Rubis Terminal. Ambiance d'usine occupée. Pour les besoins d'une scène de Ma Part de gâteau, que Cédric Klapisch tourne à Dunkerque, le dépôt pétrolier est devenu la Sifranor. Une entreprise lambda qui occupe l'actualité sociale et médiatique : elle ferme bientôt. Au grand désespoir des salariés, qui ont décidé de l'occuper. Bidons
métalliques rouillés, pneus prêts à se consumer, barbecue dont s'échappent des effluves de saucisses grillées, tablées de belote, banderoles revendicatives (« Sifranor, tu perds le Nord », « Arrêtons le massacre »), « tente » où se rassemblent les salariés en grève.

L'équipe déco a poussé le vice jusqu'à maquiller une caravane comme celle qui trône à l'entrée de la Raffinerie des Flandres. Normal : 70 salariés grévistes de Total Dunkerque ont saisi la perche tendue et jouent les figurants. Un rôle de composition, à l'instar d'une belle brochette de journalistes dunkerquois qui interviewe, devant les caméras de Cédric Klapisch, les délégués syndicaux de Sifranor.

Demander aux « Total Dunkerque » de « jouer » leur propre rôle ? Une évidence pour le réalisateur. « L'histoire que j'ai écrite voilà quelques temps rejoint aujourd'hui la réalité. C'est d'ailleurs très étrange d'avoir, dans mon scénario, quelque chose qui ressemble beaucoup à ce que vivent les salariés de Total. Et puis, il me semble plus facile de les faire jouer dans leur univers, qu'ils se comportent comme sur leur propre piquet de grève où je les avais rencontrés. » Contactés d'abord par Aurore Broutin, directrice du casting, les salariés de Total avaient en effet échangé avec Cédric Klapisch devant les grilles de leur entreprise. Où ils attendent que le jugement soit rendu, le 8 avril, quant au référé qu'ils ont déposé pour pouvoir reprendre l'exploitation de la Raffinerie des Flandres.

Sur le plateau, samedi, l'ambiance était très détendue. « Aujourd'hui, on ne fait ici que ce qu'on fait devant Total depuis des semaines , confirme Michel Civel, salarié de la raffinerie. Cédric Klapisch est venu, il nous a pris très au sérieux. Tout le monde ou presque a adhéré pour participer. On ne sait pas si on redémarrera la raffinerie, ni trop ce qu'on deviendra. On sera solidaire jusqu'au bout. En attendant, cette journée de tournage montre qu'on n'est pas pris pour des moins que rien ! Et ça fait beaucoup de bien... » Un bonheur qui se mesure aux blagues échangées autour du piquet du faux piquet de grève, entre chaque plan tourné par l'équipe de Cédric Klapisch (chahuté le temps d'un « Klapitch, c'est finitch », chanté sur l'air d'un célèbre air d'Hervé Vilard !).

« Cette prise est très bien... mais on va la refaire ! », précise Antoine Garceau, assistant réalisateur, au mégaphone. Brouhaha de protestations enjouées de la part des figurants d'un jour. Un « running gag » qui sera l'un des leitmotiv de cette journée lors de laquelle les « Total Dunkerque » mesurent la patience réclamée aux figurants et la minutie avec laquelle l'équipe prépare chaque plan.

Des clameurs de protestation montent de la tente où les grévistes ont trouvé refuge, le temps que leurs délégués syndicaux (dont Xavier Mathieu, le leader des « Conti ») sont interviewés par la presse. Une de leurs camarades vient de tenter de se suicider, apprennent-ils. « Les gros plans tournés sur cette scène sont très émouvants, confie Cédric Klapisch. On sent une authenticité, une sincérité. Misère, chômage, licenciement, plan social : voilà des mots dont on ne connaît plus le sens, tellement ils font partie de notre quotidien. Je voulais que cela s'incarne, montrer le changement provoqué dans la vie des gens. » Les six plans prévus sont dans la boîte. « C'est fini, un grand merci à tous ! », lancent Antoine Graceau et Cédric Klapisch sous les applaudissements. Rendez-vous dans un an pour découvrir les salariés de Total-Sifranor sur grand écran.

 

PAR OLIVIER TARTART  la voix du nord

 

 

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F

Alors xavier a quand ton prochain film j'ai hate de le voir.


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F

Bravo XAVIER trés bonne acteur je crois que tu as trouver ta reconversion.


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