Philips EGP DREUX:OUVRIERS AUX COMMANDES

Publié le par CGT PHILIPS EGP DREUX

CQFD N°071



LE BON CONSEIL DE PHILIPS

Mis à jour le :17 novembre 2009. Auteur : Gilles Lucas.


DIFFUSÉ fin septembre auprès des 218 salariés restants de l’usine Philips de Dreux, après le licenciement de 278 d’entre eux au printemps, un tract de la CGT du site « préconise la création d’un “conseil ouvrier”. […] Il devra être constitué des salariés et de représentants de tous les syndicats du site de Philips Dreux, afin de construire des bases revendicatives à cette fermeture. Toutes les décisions sorties de ce “conseil ouvrier” devront passer à l’approbation des travailleurs. » « Les salariés ? Ça veut dire tous les salariés, y compris ceux qui ont touché le plan social et qui ne travaillent plus ici », précise Manu Georget, délégué syndical CGT dans cette boîte de fabrication d’écrans plasma. Il continue : « C’est simple. Les salariés désignent cinq ouvriers qui les représentent. On crée un comité avec ces représentants et cinq délégués syndicaux. On discute des revendications et des actions à mener. On présente nos orientations à l’assemblée des salariés qui peut évidemment rediscuter de tout. » Le but est clair : « Prendre les machines, produire nousmêmes et vendre le produit, afin de démontrer que l’activité est rentable malgré ce qu’affirme la direction qui veut fermer la boîte. »

En 2006, la CGT avait déjà avancé ce projet alors que se préparait une charrette de licenciements. La direction avait aussitôt convoqué une réunion et précipitamment monté un plan social signé par les unions locales (UL) et départementales de la CGT. « Évidemment, ceux-là nous ont tiré dans le dos.On ne s’aime pas du tout. » Confirmation : un coup de fil passé par CQFD à l’UL de Dreux s’achève par un sec « On les a exclus ! ». Motif ? Une lointaine affaire, autour des comportements d’un délégué syndical, a tourné à l’affrontement politique qui s’est encore renforcé aujourd’hui par le soutien total de la CGT Philips à Xavier Mathieu [] et à ses propos vis-à-vis des syndicats. « Mais on n’est pas du tout isolés, insiste Manu.On est une liste indépendante aux élections syndicales. On a des élus aux prud’hommes. Et puis en 2008, on a fait une grève de onze semaines et on a reçu de très nombreux soutiens, dans la région, mais aussi de la Fédération syndicale de la Métallurgie », poursuit-il. « À l’époque, on avait gagné devant les tribunaux le paiement des jours de grève et une belle somme pour le syndicat. Depuis, la direction a fait appel… »

Mais pour l’heure la question du conseil ouvrier n’est que préconisée. « On réfléchit en termes stratégiques, avant la fermeture du site annoncée pour le 22 janvier 2010 », dit Manu. Avant de lâcher : « Ça serait vraiment excellent que l’usine nous appartienne ! Ça serait normal, non ? »

Article publié dans CQFD N°71, octobre 2009.

[] Fameux porte-parole CGT des Contis et brillant contempteur de Bernard Thibault.

Publié dans PHILIPS EGP

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