Pour le gouvernement, pas touche aux bénéfices des banques !

Publié le par CGT PHILIPS EGP DREUX

Le budget de l'État pour l'année 2010 est en discussion à la Chambre des députés depuis mardi 20 octobre. Entre autres sujets, les députés ont à débattre des profits des grandes banques, de la façon dont elles les ont obtenus, de ce que cela a coûté à l'État et de ce que cela ne lui rapportera pas.

À l'automne 2008, le gouvernement proclamait qu'il fallait sauver les banques et leur offrait pour ce faire des dizaines de milliards d'euros. Il ne leur demandait alors aucune contrepartie, ni même aucun droit de regard sur la façon dont elles utiliseraient ces facilités financières.

Un an après le résultat est double. D'une part l'État annonce un budget en déficit record de près de 120 milliards d'euros, dû en grande partie à ses cadeaux aux groupes financiers. D'autre part les banques ont fait des profits confortables au premier semestre 2009 et continuent à en faire au deuxième semestre. Une chose au moins a donc été sauvée : les profits des actionnaires des banques.

Mais c'est bien la seule. Les milliards offerts aux banques étaient censés permettre le bon fonctionnement de l'économie, or la crise s'approfondit. Le recul de la production industrielle dans des secteurs entiers, les fermetures d'entreprises, les plans de licenciements annoncés tous les jours le montrent suffisamment. La remontée des cours de la Bourse de 50 % depuis le mois de mars et la remontée des profits bancaires qui l'accompagne ne sont rien d'autre qu'une reprise de la spéculation, préparant une nouvelle crise financière. Les banques se financent à 1 % auprès des banques centrales, c'est-à-dire des États, et ne prêtent pas à moins de 4 %, et souvent à beaucoup plus, aux entreprises, aux particuliers, aux collectivités locales et même... aux États.

Lorsqu'elles prêtent ! Car une grande partie de leur activité consiste à jouer sur les prix des matières premières, sur les différences de cours entre les monnaies, sur les écarts de taux de prêt entre les différents pays, sur à peu près n'importe quoi, pourvu que ça rapporte immédiatement. Et tant pis si cela ruine des pays ou des industries entières, tant pis même si cela conduit leur propre système à l'explosion. Après eux, le déluge !

Un certain nombre de députés, y compris de droite, se sont émus devant ce parasitisme éhonté et ont profité de la discussion sur le budget 2010 pour le faire savoir. Bien qu'ayant, eux ou leurs prédécesseurs, voté toutes les lois favorisant la déréglementation de la finance, bien qu'ayant, parfois avec des réserves, approuvé le plan de sauvetage gouvernemental de l'an dernier, ils proposent aujourd'hui d'augmenter de 10 %, et pour un an seulement, l'impôt payé sur les bénéfices par les banques qui ont reçu des subsides de l'État. Mesure presque iindolore et qui a tout du symbole.

Mais c'est quand même trop pour les banquiers qui ont poussé des cris d'orfraie. Toute hausse de la fiscalité « pénaliserait le secteur financier, clé du financement de l'économie » a ainsi affirmé la Fédération française des banques, suivie évidemment par le gouvernement, ministre de l'Économie en tête.

Les banquiers ne financent pas « l'économie », les capacités productives de l'humanité : ils les dévorent. Et ils ont bien l'intention de continuer, avec la bénédiction du gouvernement.

Paul GALOIS
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