Retraite des apprentis, service civique: la jeunesse pour cible

Publié le par CGT PHILIPS EGP DREUX

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Photothèque Rouge/Taous

 


Les emplois précaires d'aujourd'hui créeront la pauvreté de demain.


"Le gouvernement prévoit deux mesures pour précariser encore plus la jeunesse : la baisse des cotisations pour la retraite des apprentis, et le Service civique volontaire, nouvelle mouture de l’emploi au rabais.


Alors que le gouvernement annonce pour septembre la réforme du calcul des retraites, un arrêté daté du 22 janvier prévoit de modifier les cotisations des apprentis, en faisant passer le nombre d’heures servant à cotiser pour la retraite de 169 heures de travail par mois aujourd’hui à 151 heures. Cela signifie une perte de deux trimestres de cotisation pour 15 % des jeunes apprentis, et une perte d’un trimestre pour encore 15 %, soit 30 % des jeunes apprentis touchés ! Les cotisations retraites des apprentis ne sont pas calculées sur la base du temps de travail ou du salaire réel touché, mais par rapport à une assiette forfaitaire. Les apprentis touchent un salaire limité entre 14 et 70 % du Smic selon leur année d’apprentissage. Par exemple, pour un jeune touchant 14 % du Smic, seul 4 % du Smic par heure de travail servira à alimenter sa retraite. Avec la réforme prévue, les apprentis perdraient 18 heures de cotisation par mois, alors même que le montant de la cotisation est déjà minime !


Cet arrêté réformant la retraite des apprentis entre en totale contradiction avec les déclarations d’intention du gouvernement de doubler le nombre de jeunes en alternance d’ici 2015. Comment prétendre rendre l’apprentissage attractif et dans le même temps réduire les modestes retraites des apprentis ? Cherchez l’erreur. Cette mesure ferait économiser 70 millions d’euros à l’État, en ponctionnant le salaire différé de la jeunesse laborieuse.
Par ailleurs, la proposition de loi instaurant un Service civique volontaire devait être étudiée en seconde lecture au Sénat, jeudi 25 février. Il s’agit, dans la continuité du méconnu Service civil volontaire, instauré par Chirac en 2006 suite aux révoltes des quartiers populaires, d’enrôler la jeunesse dans des emplois sous-payés, sous couvert de civisme. Les jeunes « volontaires » de 16 à 25 ans bénéficieraient de 540 à 640 euros mensuels, pour 24 heures de travail hebdomadaires. Martin Hirsch annonce qu’une fois la loi adoptée, elle serait appliquée « tout de suite, très vite », sans même attendre les décrets d’application « pour qu’on puisse tout de suite recruter et commencer des missions », c’est-à-dire avant l’été. L’objectif affiché est le recrutement de 10 000 « volontaires » en 2010, 75 000 d’ici 2014.
Les exemples de « missions utiles à la société » avancés sont éloquents : « donner un coup de main dans une maison de retraite » ; « faire du soutien scolaire » ou encore envoyer de jeunes enseignants en Haïti, comme l’a proposé le 16 février Martin Hirsch ! Alors que la loi Bachelot met en pièce les hôpitaux, et que l’enseignement public est actuellement menacé par des réformes d’une extrême gravité, le Service civique volontaire ne peut avoir qu’un sens : toujours plus de précarité !"

 

Romain Bleibtreu

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