Retraites : mobilisation stable pour les syndicats, en baisse pour le gouvernement

Publié le par CGT PHILIPS EGP DREUX

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Entre 825 000 et 3 millions de manifestants en France. La manifestation contre la réforme des retraites du samedi 16 octobre, la cinquième depuis le mois de septembre, a de nouveau été l'occasion pour syndicats et gouvernement de bataille...r sur l'ampleur de la mobilisation. Le ministère de l'intérieur a recensé 825 000 manifestants en France, soit une baisse par rapport aux manifestations du 12 octobre (1 230 000) et celle du samedi 2 octobre (899 000). Le gouvernement conclut qu'il s'agit du "plus bas niveau de participation" des cinq journées de mobilisation contre la réforme des retraites organisées depuis la rentrée.
Au contraire, les syndicats estiment que la mobilisation est comparable aux précédentes. La CFDT annonce 2,5 millions de manifestants en France, tandis que la CGT parle de "près de trois millions". Lors des manifestations du 12 octobre, les syndicats recensaient 3,5 millions de participants, et près de 3 millions lors de celles du samedi 2 octobre. Pour la CGT, dont la "détermination est intacte", la dernière mobilisation en date est "la démonstration que loin de s'essouffler, les salariés sont toujours aussi déterminés et rejettent massivement cette réforme". "Le mouvement s'ancre et s'élargit, tant sur le nombre d'entreprises touchées par les grèves sous diverses formes que sur le nombre de salariés qui s'engagent dans l'action", note le syndicat.A Paris, la préfecture de police a recensé 50 000 personnes alors que les syndicats en ont compté 310 000. Cet important écart existait aussi à Marseille (entre 16 400 et 180 000 personnes), à Bordeaux (entre 13 500 et 130 000), à Toulouse (entre 24 000 et 125 000) et dans une moindre mesure à Nantes, Lyon, Rennes ou Strasbourg. Les débordements ont été rares : une trentaine de militants anarchistes ont été interpellés à Paris et des affrontements ont eu lieu à Saint-Nazaire.>> Voir notre carte interactive de l'ensemble des manifestations en France le samedi 16 octobre>> Voir notre infographie sur les différentes méthodes de comptage utilisées par la police et les syndicats lors des manifestations>> Notre reportage dans le cortège parisien aux côtés des manifestantsOpposition et syndicats demandent le retrait du texte. Comme elle l'avait fait, jeudi, sur l'antenne de France 2, la première secrétaire du PS, Martine Aubry, a appelé le gouvernement à suspendre le débat sur la réforme des retraites en cours au Sénat. "Il reste des jours et des jours de discussion encore au Sénat, c'est l'ocasion de dire maintenant 'on suspend' (...) quand on écoute le peuple, on ne se diminue pas, on se grandit", a-t-elle déclaré, rappelant que Nicolas Sarkozy avait dit "en 2007 et en 2008 après son élection 'je n'ai pas le mandat pour revenir sur la retraite à 60 ans'". Mme Aubry a estimé qu'il avait oublié ces déclarations, "comme il oublie toutes ses promesses"."Nous contribuerons à la solution, comme nous l'avons fait avec les propositions que nous avons déjà présentées aux Français", a-t-elle ajouté. La suspension de l'examen du projet de loi a également été demandé par les trois grands syndicats – CGT, CFDT, FO – et par le PCF. "Nous demandons clairement au Sénat de ne pas voter cette loi en l'état", a expliqué le patron de la CGT, Bernard Thibault, appelant le gouvernement "à rouvrir les négociations avec les syndicats". >> Notre analyse Les syndicats cherchent la moins mauvaise porte de sortieLe gouvernement veut "renforcer le devoir d'explication sur cette réforme". Tout en reconnaissant "qu'il y a encore beaucoup de manifestants" dans les rues, le ministre du travail, Eric Woerth, a constaté qu'il y avait "une baisse significative" du nombre de manifestants, samedi. A ses yeux, cela "renforce le devoir d'explication du gouvernement sur cette réforme" alors que le projet de loi est toujours examiné au Sénat ce week-end. Le secrétaire d'Etat à la fonction publique, Georges Tron, était sur la même ligne : "Il s'agit de la plus basse participation depuis la rentrée des vacances d'été", mais "il y a encore beaucoup de monde", explique-t-il. "Il n'y a pas de victoire, car on ne fait ça contre personne, on fait ça pour les Français".Pour le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, il est "incontestable" que la mobilisation "est beaucoup moins forte". "Cela veut simplement dire que les Français commencent à prendre la mesure des avancées qui ont été prises par le gouvernement", estime-t-il. Des membres du gouvernement comme Eric Woerth et Nadine Morano ont également critiqué l'attitude du PS qui, selon le ministre du travail, est "est un pompier pyromane, qui allume le feu et après se demande comment l'éteindre". "Ceux qui ont appelé les jeunes à manifester, notamment les lycéens, sont totalement irresponsables et manipulateurs", a ajouté Mme Morano. Samedi, Martine Aubry a appelé les jeunes à "ne pas céder aux provocations" et à "ne pas montrer l'image caricaturale que la droite veut montrer d'eux" dans les manifestations.

 LeMonde.

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