Tentative d’autogestion à Dreux chez Philips by Oeil ouvert

Publié le par CGT PHILIPS EGP DREUX

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Depuis plusieurs mois, les 150 salariés de Philips mènent le combat pour conserver leur emploi à Dreux, l’entreprise étant promise à la fermeture. Les ouvriers ont décidé de conserver leur outil de travail et de continuer de travailler « sous contrôle ouvrier ». L’utopie autogestionnaire a durée dix jours, jusqu’à ce que la direction mette la main sur les téléviseur à écran plat fabriqué.

Au mois de février, l’usine doit fermer pour être délocalisée en Hongrie. Une fermeture de plus (de trop ?) dans un bassin d’emplois déjà bien affaibli par le déclin de l’industrie automobile, plus de 28% de chômeurs dans la région de Dreux.  Les 212 salariés protestent et innovent en attendant leur lettre de licenciement.

Le 5 janvier dernier, les ouvriers de chez Philips ont décidé de prendre en main leur destin, de prouver qu’ils n’ont rien perdu de leur capacité de travail et de garder ceux qu’on veut leur voler, leur outil de travail. Les 2/3 des personnels ont voté pour le contrôle ouvrier, faisant un pied de nez à la multinationale hollandaise.

Pourtant, la reprise de la production sans l’accord de la direction se fait et plusieurs milliers de téléviseur sont ainsi fabriqué et mis sous sequestre dans un hangar vide, la valeur ajouté est un trésor de guerre que les ouvriers veulent utiliser comme moyen d’échange.

Chez  Philips, comme chez Conti, on a la CGT, et un délégué syndical de la même veine que Xavier Mathieu, notre râleur local, c’est Manu Georget,  un exclu de la CGT depuis 2000, qui a fait fi de sa centrale pour travailler à la mise en place de l’autogestion sur son lieu de travail.

Quand l’outil de travail est menacé, les ouvriers pètent un plomb, ils ont parfois envie d’imiter les séquestrations de patrons, les poses de bombonnes de gaz. Les grèves plan-plan lassent et désespèrent un monde en plein désarroi, il a fallut peu de temps pour qu’une solution honorable et salutaire soit trouvée. On espère attirer les médias, donner une image responsable, mais la presse locale ne s’en fait pas l’écho, on ne sait pas ce que veut dire l’autogestion en Eure-et-Loir.

On se rappelle que la CFDT dans les années 1970, avait soutenu les ouvriers horlogers de chez LIP : « On fabrique, on vend, on paie », les tic-tacs des seventies n’ont pas qu’inspiré la nostalgie, mais poussé au sursaut.

Mais de guerre lasse, les Philips veulent bloquer le système, ne pas se faire avoir, on ne vend pas, on stocke. Jusqu’au jour où…

Jusqu’au jour où la menace d’un licenciement planent au dessus des caristes obligés de livrer le millier de téléviseurs produits. La division pointe son nez, entre ceux qui veulent agir et ceux qui guette, une hypothétique contestation du plan social.

Les Cégétistes derrière Manu ne veulent rien lâcher tandis Force Ouvrière rassure les salariés hésitants en leur assurant le soutien du préfet, dommage il vient de partir pour la Vendée. FO juge la perspective bien éphémère. Malgré l’échec, ils veulent trouver une solution, l’une d’entre elle serait la reconversion en site de recyclage de l’électro-ménager Philips, une autre passe par la  création d’une SCOP (société coopérative de production) pour rentrer dans le moule de la légalité, l’idée autogestionnaire germe dans la tête de ses ouvriers mis au pied du mur, pas certains que leurs projets aboutissent.

En attendant quelques militants étudiants et d’extrême-gauche sont venus voir à quoi ressemble la réappropriation de l’outil de travail. Averti de la production locale, les jeunes militants ont, au fond de leur sac à dos, un DVD, The Take – La prise, un documentaire sur des ouvriers argentins confrontés à la même situation que les Philips, mais poussé à son terme.
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Publié dans PHILIPS EGP

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