POUR LES MOLEX LE MEDIATEUR D'ETAT C'EST UNE SALE BLAGUE D'ESTROSI : UN COUP D'EPEE DANS L'EAU !

Publié le par CGT PHILIPS EGP DREUX

Blog jacques.Tourtaux


Confrontés à une entreprise qui ne respecte pas la loi et un gouvernement qui ne tient pas ses promesses, les salariés oscillent entre rage et tristesse. Reportage. Lire la suite dans l’Humanité de mercredi.


Devant l’usine Molex, les mâchoires sont toujours aussi serrées et, à présent, les yeux sont parfois embués. Signes de colère et de désarroi, après plus de dix mois d’un conflit qui semble sans issue : même après la rencontre au sommet, hier, entre la direction de l’équipementier et le ministre de l’industrie, Christian Estrosi, la fermeture de l’entreprise est toujours prévue pour le 31 octobre. A côté de la grille d’entrée, un panneau Veleda annonce « 38 jours de grève et 18e jour » depuis la reprise du travail. Hier, personne n’avait pris la peine de changer le panneau, mais cela faisait en fait 19 jours que les 280 employés de l’usine de câblage automobile étaient censés avoir repris le travail, après plus d’un mois de grève. Sauf que les Molex n’ont rien repris du tout, puisque la direction leur refuse toujours l’entrée du site, depuis que des cadres ont essuyé des jets d’œufs le 4 août. « Ce jour-là, la direction avait annoncé qu’elle refusait de négocier avec un repreneur, raconte Guy Pavan, délégué CGT. Dès le lendemain, le 5 août, quatre d’entre-nous étaient assigné en justice. Et le 6, on passait devant le tribunal. La justice, ça va vite contre les salariés. » « Par contre, la décision de justice demandant la réouverture de l’entreprise n’est toujours pas appliquée ! », lance Georges. Cet employé à la logistique, chez Molex depuis 27 ans, s’interroge : « Que font les pouvoirs publics ? », sur le ton de « que fait la police ? ».

« L’espoir nous tue »

En attendant une intervention du gouvernement, plusieurs fois promise et jamais réalisée, des salariés se relaient en 3/8 devant l’usine. Car si l’espoir d’une aide de l’État est mince, les Molex n’attendent absolument plus rien de la direction. Sauf le pire. Avec d’autres salariés, Alexis, 35 ans dont 11 chez Molex, a fêté Noël dernier devant l’usine, pour s’assurer que les machines ne disparaissent pas, à la faveur de congés inhabituellement long (deux semaines au lieu d’une). « On avait reniflé un traquenard : les machines sont des modèles standard, mais les outillages qui sont équipés dessus sont uniques, ils ont été conçu par nous », explique Alexis, qui a trouvé un moyen de passer un peu sa colère. Cet ancien régleur passé responsable d’équipe tient un des deux blogs des Molex. Pas le plus fréquenté, mais le plus virulent. « C’était pour tenir les copains informés et aussi pour me défouler. »

« Tout n’est que sournoiseries »

« Depuis 10 mois, on est passé par tout les états d’esprit, raconte Alain, employé depuis 30 ans à la maintenance. On a eu le moral dans les chaussettes, puis on a repris espoir quant la justice a invalidé le premier plan social en avril, puis quant elle a réclamé la réouverture du site début août. Et quant on a vu que la direction ignorait la loi, notre moral a replongé encore plus bas. » » Et le médiateur nommé par l’État ? « C’est juste un truc médiatique », estime Alain. « C’est simple, l’espoir ne nous fait pas vivre, il nous tue », résume José, les yeux noirs d’une rage rentrée. Il en veut à l’entreprise, qui les a trahis, à l’État, qui ne respecte pas ses promesses, et aux journalistes, qui atténuent les propos des ouvriers. « Quand tu respectes la loi, tu te fais niquer. Quant tu restes calme, tu te fais niquer. Et quand tu te retrouves le nez dans la merde, tu dois quand même fermer ta gueule », lance-t-il.

 

La grande majorité des salariés habitent à 15 kilomètres à la ronde, dans ce bassin d’emplois où il n’y presque plus rien, à part Molex. Guy Pavan, délégué CGT, montre un bâtiment horizontal juste derrière l’usine. « J’ai grandi là-dedans. A côté, c’est la Cité Verte où il n’y avait quasiment que des retraités de l’entreprise. » Il poursuit, réprimant une montée de larmes : « Ici, c’est notre vie, c’est notre paysage, ça peut pas disparaître comme ça. » Comme de nombreux salariés, le cégétiste pense que « l’État n’est pas clair dans cette affaire ». En 2004, c’est la SNECMA, propriété de l’État, a vendu le site pour 27 millions d’euros (lire ci-contre). « Ce n’était même pas la moitié du chiffre d’affaires, c’était encore mieux que les soldes, grince Guy Pavan, qui s’interroge : « Pourquoi ont-ils fait cette ristourne ? » De son côté, Philippe, employé depuis 1977, rappelle que « à l’époque, Christine Lagarde était consultante juridique pour Molex Inc ». Aveuglés par leur colère, les Molex ? Michelle, 41 ans, qui travaille ici depuis qu’elle en a 18, rappelle simplement que, de l’annonce de la fermeture en octobre « après nous avoir fait bosser en heure sup’ tout l’été pour faire du stock », à la duplication des processus de production aux Etats-Unis, « tout n’est que sournoiserie dans cette affaire ».

 

Reportage de Mehdi Fikri                                                                    

Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne),

l'humanité

Source: http://cocomagnanville.over-blog.com/


Publié dans Boites en luttes

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T
AUTANT POUR MOI JE N'AI PAS VU QUE VOUS AVIEZ INDIQUE LA SOURCE EN HAUT DE L'ARTICLE QUI EST DE L'HUMA
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T
ATTENTION LES CAMARADES! LE TITRE EST DE MOI ET NON DE L'HUMA.
TOUJOURS INDIQUER LA SOURCE, C'EST DEONTOLOGIQUE CAR CERTAINS SITES MAL INTENTIONNES PIQUENT LES ARTICLES OU LES TITRES DES AUTRES SANS SE FOULER UN POIGNET ET SE FONT MEME DU FRIC SUR NOTRE DOS.
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